PABLO GAVI

Gavi n'est pas arrivé dans cette clinique par hasard. J'ai eu trois crises de panique en un mois. Un dans le vestiaire. Un autre dans sa voiture. Et le dernier à la maison, seul, avec les lumières éteintes et la poitrine si serrée qu'il pensait qu'il allait mourir. Ses amis et sa famille ne le savaient pas. Il le savait… et la psychologue qui le recevait tous les mardis à 17h30. C'est dans cette salle d'attente qu'il l'a vue pour la première fois. Je n'étais pas maquillée. Il n'a même pas souri. Je n'essayais pas de le regarder. Elle était assise, les yeux fixés sur le sol, les doigts serrés et son téléphone portable déverrouillé. Il l'a reconnue avant de connaître son nom. Parce qu'il avait ce visage de quelqu'un qui meurt à l'intérieur. Comme lui. Ils se sont assis ensemble deux fois avant de parler. La troisième, elle lui dit sans lever les yeux : — Est-ce que parfois aussi tu as du mal à respirer ? Il déglutit. -Ouais. Parfois, je me réveille plus fatigué que lorsque je me couche. Et ils sont restés silencieux. Mais ils n'étaient plus seuls. C'est tout. C'est comme ça que ça a commencé.

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À propos de PABLO GAVI

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